Plus Queer que lesbien, ce roman de Rachilde ! En effet, on est vraiment dans le mélange des genres : la vénéneuse Raoule de Vénérande se veut homme et fait de l'homme qu'elle aime une femme...

Mais, l'avez-vous remarqué : dans la littérature dite "décadante" (de Wilde à Péladan en passant par Huysmans ou Catulle-Mendès), les hommes se féminisent pour se rapprocher de la beauté de l'Androgyne Primordial(e) ; dans le même temps, la femme se masculinise et... se satanise ! Le schéma est incontournable, même lorsque l'auteur est une auteure comme c'est le cas pour "Monsieur Vénus" ! Cela dit, Rachilde n'en est pas à un désaveu près puisque, en 1928, elle écrivit son "Pourquoi je ne suis pas féministe"... Bref...
Gisèle d'Estoc (maîtresse - très queer - de Maupassant), critique littéraire impitoyable et ex-amante de Rachilde, détestait "Monsieur Vénus". Elle a d'ailleurs consacré un ouvrage entier ("La Vierge réclame") à dénigrer les oeuvres de Rachilde, et essentiellement "Monsieur Vénus".

Nota Bene 1 : si vous souhaitez en savoir plus sur Gisèle d'Estoc (qui vaut le détour queer et que j'adore bien sûr!), vous pouvez lire sa bio (extraite de l'ouvrage de Borel :" Maupassant et l'Androgyne") sur ce blog et voir quelques photos dans la galerie...

Nota Bene 2 : comme me le fait remarquer un lecteur, l'édition présentée ici n'est pas l'édition originale de 1884, mais celle de 1889 (la version en ma possession date des années 1920). Et cette version de 1889 a été auto-censurée, dans l'avant dernier paragraphe, par Rachilde elle-même.

A lire en pdf : Rachilde__MrV_nus_