J'ai beaucoup - vraiment beaucoup - de tendresse pour Georgette Leblanc. Elle s'est battu bec et ongles toute sa vie pour protéger ce qu'elle aimait par dessus tout : son indépendance. Et toute sa vie, elle a voulu vivre de sa passion pour le théâtre chanté (Pelléas et Mélisande, Thaïs...), l'écriture (Le Choix de la vie, Souvenirs, La machine à courage...) et le cinéma (l'Inhumaine de L'Herbier).

Le choix de la vie est son premier (et unique) roman. Quasiment autobiographique dans sa trame de départ : Une femme de la bonne société tente de jouer à Pygmalionne avec une paysanne. Ce que fit très exactement Georgette Leblanc avec Mathilde Deschamps. Sauf que, contrairement au roman, notre naïve Georgette s'est largement fait escroquer par sa Galatée champêtre. Dans la vraie vie, pendant près de quinze ans (et comme le raconte si bien Maxime Benoit-Janin dans sa remarquable biographie de Georgette Leblanc), Maeterlinck trouvera bien souvent la place prise dans le lit de Georgette ; pendant près de quinze ans, Mathilde jouera le rôle de la gouvernante, de l'amante, voire carrément de la mère maquerelle auprès de Georgette...

Jusqu'à ce que notre Thaïs se libère de Mathilde Deschamps, après s'être libérée de Maeterlinck. Et rencontre la journaliste Margaret Anderson (créatrice, avec son amie de l'époque Jane Heap, de "The Little Review")... Une nouvelle vie merveilleusement racontée dans le second volume des mémoires de Georgette Leblanc, La machine à courage (j'espère bien mettre ce volume sur le blog un de ces jours...).

A lire en pdf :
Leblanc_Le_choix_de_la_vie