31 mai 2008
Swinburne, "Sapphiques", extrait de "Poèmes et ballades", 1866.
Gay, sado-maso, asocial et génial... Swinburne, c'est LA poésie... Swinburne s'était pris de passion pour Sapho en lisant "Poetae graeci "( "l'Anthologie grecque"), recueil qui rassemble nombre d'épigrammes grecques recensées par le poète Méléagre à l'époque byzantine. Puis il découvre les "Fleurs du mal" que Baudelaire voulait titrer "Les Lesbiennes".
"Sapphiques" reprend le mythe de "l'Anthologie grecque" qui définit Sappho comme "la Dixième muse" (d'où le nom d'un mensuel lesbien des plus contemporains...). Le poème s'attarde sur le conflit entre Sappho et Aphrodité.
A lire en pdf : Swinburne__Sapphiques__1866
21 mai 2008
Colette, extrait de "Aventures quotidiennes" : "Mausolées", 1924
Renée Vivien est morte depuis plus de 16 ans lorsque Colette écrit ces quelques pages de souvenirs. Le texte est intéressant et subtil. Il y flotte un doux charme qui laisse percevoir la sincère affection que Colette avait pour Renée Vivien.
Lire en pdf : Colette__Aventures_quotidiennes__mausol_es
12 mai 2008
Eugène de Mirecourt, "Rosa Bonheur", Gustave Havard Editeur, 1856
Plutôt rare d'avoir droit à sa biographie de son vivant pour une femme peintre du XIXe ! Eh bien, Rosa Bonheur, peintre animalier, y a eu droit. Mais attention, c'est vraiment en lisant au second degré que l'on peut apprécier !!! Quel ramassis de conneries du genre :
• Rosa lisait George Sand, mais son esprit était si pur qu'elle ne pouvait se laisser polluer par autant de perversité ;
• Rosa s'habillait en homme et avait les cheveux courts pour les besoins de son métier;
• Rosa vivait "en soeur" avec son amie...
Rosa Bonheur eut deux grands amours dans sa vie : Nathalie Micas (la fameuse "soeur" d'Eugène de Méricourt) et Anna Klumpke qui fut également sa biographe.
A lire en pdf : Mirecourt__Rosa_Bonheur__1856
04 mai 2008
Pierre Borel, extrait de : "Maupassant et l'Androgyne", 1944
Ah Gisèle !!! fière garce de génie, "instinctuelle" libre et décomplexée... Elle avait tous les talents : sculpteure, écrivaine, poète, critique littéraire et artistique, conférencière... Bisexuelle, elle est surtout connue pour son "Cahier d'amour" retraçant ses amours orageuses avec Maupassant.
Mais Maupassant n'est qu'une infime partie de sa vie. Elle fut notamment l'amante de Rachilde. Après leur rupture, Gisèle écrivit un livre caricatural et très très méchant sur "Monsieur Vénus", le roman de Rachilde sur le 3e sexe (il est dans la liste des pdf). Gisèle d'Estoc fut également l'amante passionnée d'Emma Rouër, écuyère du cirque Médrano, avec laquelle elle se battit en duel.
Autre visage de Gisèle d'Estoc (dont le vrai nom aurait été Marie-Paule Desbarres pour certains, Paule ou Marie-Paule Courbe pour d'autres), celui de théoricienne et expérimentatrice du 3e sexe. J'aurais bien voulu retrouver ses conférences sur l'intersexualité qui ont fait scandale au début du siècle!...
La date de naissance de Marie-Paule Courbe a longtemps fait débat. Jusqu'à ce que Melanie C. Hawthorne, chercheure américaine spécialiste de la littérature française Fin de siècle, retrouve son acte de naissance à Nancy. Gisèle d'Estoc est donc née en 1845. Quant à la date de sa mort, c'est grâce à Gilles Picq qu'on la connaît. En effet, lors d'un travail qu'il effectuait sur Louis Pillard d'Arkaï, Picq a retrouvé à Nice l'acte de décès de "Paule Courbe" (le 8 mai 1894).
Pierre Borel - journaleux assez peu sérieux et dont les propos sont à prendre avec précaution (on n'est même pas sûr qu'il n'ait pas écrit lui-même quelques-uns des échanges épistolaires entre Maupassant et Gisèle...) - est entré en possession d'une partie des archives de Gisèle d'Estoc. A partir de ces archives, il a publié l'oeuvre la plus connue de Gisèle d'Estoc, "Le cahier d'amour". Il a également publié l'ouvrage ("Maupassant et l'Androgyne") dont sont extraits les chapitres que je vous propose ici. Ces fameux chapitres qui racontent les débuts de Gisèle d'Estoc, Borel les a à nouveau publié dix ans plus tard (en tant qu'inédit !) dans les "Oeuvres Libres". Vous pouvez aussi voir quelques photos de Gisèle d'Estoc dans la Galerie.
A lire en pdf : Borel: les extraits de borel__Maupassant_et_l_androgyne_1944
04 avril 2008
Hélène de Zuylen de Nyevelt, "Effeuillements", 1904
Ne cherchez pas de référence lesbienne dans "Effeuillements" : lorsque Renée Vivien prend le nom de son amante pour écrire des vers ou des romans, elle reste toujours dans le straight !!! Hélène de Zuylen était femme mariée, mère de trois enfants, portait un nom des plus respectables... Est-ce pour cette raison que la veine saphique disparaît dans l'inspiration ?
Je soupçonne Renée d'avoir seulement voulu aider Hélène à se faire un nom en poésie. Ce que ladite Hélène continuera à essayer de faire après la mort de Renée...
A lire en pdf : Zuylen__Effeuillements__1904
13 mars 2008
Emilienne d'Alençon, "Sous le Masque", Sansot, 1918
Chère Emilienne... l'archétype de la demi-mondaine Fin de Siècle... ayant partagé amantes (Renée Vivien, Natalie Barney...) et clients avec Liane de Pougy...
Ce recueil, qui n'est qu'en partie lesbien, est en fait une autobiographie en vers ; tout y passe : la guerre de 14 et ses soldats morts au front, sa fille, ses amants. L'un des poèmes est même dédié à sa toubib !!!
Cela dit, la partie qui nous intéresse - "Les poèmes pour elle" - sont clairement saphiques. Certains ne manquent pas d'un léger charme désuet...
NB : J'espère en tout cas pour elle qu'elle travaillait mieux qu'elle ne maniait la virgule : elle a l'art de séparer le sujet du verbe !!! Freudien, ça...
A lire en pdf : Emilienne_d_Alen_on__Sous_le_masque
05 mars 2008
Renée Vivien, "Sillages", 1908
Ce recueil fait partie des derniers envois de Renée Vivien à son éditeur Sansot. On est bien loin de la violence de "La Vénus des Aveugles" ! Vivien est là dans la réminiscence, et dans la mélancolie pure.
Un poème a attiré mon attention, c'est le Sonnet VI (le dernier poème du recueil) : j'oserai parier qu'elle y décrit ses relations avec Hélène de Zuylen (à laquelle le recueil est dédié). Ces relations qui ont fait tant couler d'encre...
A lire en pdf : Vivien__Sillages
04 mars 2008
Pauline Tarn, "Chansons pour mon ombre", 1907
Comment expliquer que, pour la première fois, Renée Vivien utilise son vrai nom : Pauline Tarn ?... Il est vrai que ces poèmes font le tour de ses obsessions : Sapho, Violette Schillito, Natalie Barney... et surtout, la mort.
A lire en pdf : Tarn__Chansons_pour_mon_ombre
01 mars 2008
Paule Riversdale, "Netsuké", Lemerre, 1904
Rappel : Paule Riversdale est l'un des pseudo de Renée Vivien. C'est en principe le nom qu'elle utilisait lorsqu'elle écrivait en collaboration avec Hélène de Zuylen. Mais, pour "Netsuké", le style est tellement celui de Vivien que j'ai du mal à croire que la Madame de Rothschild ait participé à sa rédaction...
Les "netsuké" sont de petites figurines que les Japonais attachaient à la ceinture. " Les netsuké [explique Renée Vivien dans sa préface] sont ciselés dans l’ivoire ou le bois patiné comme du bronze. Parfois ils
évoquent un symbole, parfois ils ressuscitent une légende. Ils sont éloquents à
l’égal d’un poème."
... "A l'égal d'un poème"... c'est bien la sensation que l'on a en lisant certains de ces petits bijoux ciselés dans un style so raffiné... Seuls deux ou trois sont lesbiens (j'ai mis leur titre en rouge pour les fans !).
A lire en pdf : Riversdale__Netsuk_
22 février 2008
Camille LEMERCIER d'ERM, "la Muse aux violettes", Sansot, 1910
Peut-être Monsieur Camille Lemercier d'Erm aurait-il mieux fait de s'en tenir à son dada habituel : la défense et illustration de la langue bretonne...
Cela dit, il y a quelques jolies descriptions du cimetierre de Passy. Quant au reste, no comment. Que Navo !
A lire en pdf : Lermercier_d_Erm__La_muse_aux_violettes
